Z6 et Z7 : Les premiers hybrides 24×36 Nikon

Les premiers appareils photos hybrides Nikon avec capteur 24×36 arrivent dans les réseaux de distribution.

Nikon Z6

L’hybride est certainement un type d’appareil photo d’avenir.
Il procure de nombreux avantages, dont une meilleure compacité et un poids moindre pour une qualité égale à la plupart des reflex, voire supérieure.

Depuis les années 2010 environ, plusieurs constructeurs dont Sony, Olympus et Panasonic entre autres ont pris de nombreuses parts sur le marché des appareils photos hybrides.

Nikon, en tant que constructeur historique et leader, n’était pas vraiment présent.

Tout comme Kodak n’avait pas cru à l’avènement du numérique et pensait rester éternellement le roi de l’argentique, est-ce que Nikon pensait que le reflex ne serait jamais détrôné ?

Sony, notamment avec les hybrides haut-de-gamme Alpha 7 et 9, n’a cessé de croître et a même pris la position numéro un sur le marché américain des appareils photo à capteur plein format il y a environ un an.

Nikon a dû enfin y croire vraiment et sur du long terme, puisqu’il vient de concevoir ses deux premiers boîtiers mais surtout un système d’optiques nouvelles dont il a programmé 12 nouveaux modèles d’ici 2020, soit d’ici moins de deux ans.

C’est quelque chose d’exceptionnel dans l’histoire des lancements de nouveaux systèmes photographiques !

La révolution, c’est une nouvelle monture (je vous en reparlerai au cours de cet article) avec un diamètre plus grand que la monture classique (de 8 mm), mais un débattement adapté à la compacité des appareils hybrides.

C’est une véritable révolution car avec ce système, jamais les lentilles arrières des objectifs n’ont été aussi proche du capteur, ce qui va permettre à Nikon de fabriquer des objectifs très grand-angle beaucoup plus compacts et différents types d’objectifs novateur à l’avenir.

Un des buts des ingénieurs de Nikon est de réduire le nombre de lentilles de correction de trajectoire sur toute sa gamme d’optiques, et proposer, à ouverture égale, une qualité et une homogénéité de l’image supérieure à celle des reflex.

Il faudra tout de même encore faire des progrès dans les batteries car la même batterie a trois fois moins d’autonomie sur ces modèles que sur un reflex (en moyenne).

Ça se comprend, parce que sur un hybride, vous avez un viseur électronique en plus de l’écran, alors que sur un reflex, le système de visée étant optique, il ne consomme pas du tout électricité.
Ce viseur électronique est constamment allumé durant le cadrage, la recherche du point de vue, le déclenchement.

Sur un reflex, si en plus vous ne regardez pas vos photos à la prise de vue en déconnectant l’affichage sur l’écran arrière, votre autonomie est encore bien plus longue.

On annonce un peu partout dans les médias spécialisés la mort prochaine du système reflex.
Il est certain que le reflex n’est plus roi comme il l’a été pendant des décennies, mais un des avantages du reflex est d’utiliser moins d’énergie que les appareils tout électroniques.

Les premiers reflex étaient entièrement mécaniques (j’ai connu cette époque) et utilisaient zéro énergie, si ce n’est l’huile de coude puisque pour animer toute cette belle mécanique il fallait actionner un levier pour déplacer la pellicule, armer l’obturateur puis déclencher mécaniquement également (la pression était un peu plus forte sous le doigt mais rien de méchant et je n’ai jamais eu de tendinite de l’index).

Est apparue ensuite une petite pile plate pour alimenter le posemètre (ou le système de mesure de la lumière), et d’année en année, l’électronique a envahi nos appareils photo, demandant chaque fois plus d’énergie pour fonctionner. Sans piles ou batteries, pas de photos !

Nikon avait déjà fait une première tentative dans l’aventure des boîtiers hybrides en 2011 avec la gamme Nikon 1, dotée de capteurs 1 pouce (format directement inférieur au Micro 4/3)

Mais la gamme Nikon 1 n’a pas rencontré le succès escompté et n’a pas trouvé son public. On dit que le marché grand public est le marché le plus imprévisible, et c’est bien vrai dans d’autres domaines également.

Qui aurait cru que le coloriage reviendrait à la mode parmi les femmes de 30 à 50 ans ?

C’est la même chose en photo. De nombreux formats d’appareils photo sortent sur le marché mais certains meurent rapidement et d’autres subsistent.

Lorsque Oskar Barnack a créé le premier prototype d’appareil photo compact 24×36 en 1913 en adaptant la pellicule de cinéma 35 mm dans son premier Leica, qui aurait cru que ce format aurait duré jusqu’à ce jour et soit le format de référence également maintenant en numérique pour les appareils experts ?

Le format APS, qui avait été inventé par les différents constructeurs et fabricants de films comme Kodak pour sauver l’argentique est quasiment mort-né alors que son successeur en numérique, l’APSC, est le format le plus répandu, non seulement dans les reflex numériques actuels mais également sur des compacts et hybrides experts.

Sony est le précurseur des boîtiers hybrides APSC (à capteur 16×23 mm) avec les séries NEX (3, 5, 6 et 7)

A cette époque (après 2010), le format Micro 4/3 (format directement inférieur à l’APSC) commence à émerger chez Olympus et Panasonic.

Le format Micro 4/3 est rentré en force dans des appareils compacts conçus particulièrement pour de la vidéo, notamment poussé par Panasonic avec sa gamme GH4 / 5

Mais en photo l’APSC reste le plus répandu, et le format de capteurs 24×36 est revenu de nouveau en force dans les appareils photos à l’ère du numérique, d’abord dans les boitiers professionnel et maintenant dans les appareils experts pour photographes amateurs.


Le Nikon Z7, le plus haut de gamme de la série

L’ergonomie

Le design des boîtiers Z7 et Z6 est propre à Nikon mais se rapproche de la série A7 de Sony, avec des formes plus arrondies.

Le premier Hybride Sony A7

La finition du boîtier à l’air bonne et inspire confiance.

Les commandes sont larges et en relief.

Le boîtier n’est pas complètement étanche mais dispose de nombreux joints d’étanchéité. Il assure une bonne résistance aux poussières et aux éclaboussures diverses.

Ce point est important concernant un appareil photo hybride, car la conception de cet appareil est approprié à la photographie de voyage.

Or, lorsque vous voyagez dans certains pays, les conditions climatiques sont vraiment adverses pour les appareils photo.

Ça peut être la mousson en Inde, les tempêtes de sable dans un désert et bien d’autres éléments que détestent tous les appareils photo (ou tout au moins leurs capteurs et leurs parties mécaniques.

Si vous souhaitez acheter un appareil photo hybride, je ne vous le conseillerais pas s’il n’a pas de joints d’étanchéité à l’humidité et à la poussière, à moins que vous restiez juste chez vous ou entre amis pour faire des photos de vos enfants.

Les Z6 et Z7 disposent d’une poignée semblable à celle des reflex, mais plus petite. Sur cette poignée, juste à portée de doigts se trouve le levier de mise sous tension ainsi que les commandes de vidéo, de sensibilité ISO et de correction d’exposition.
Vous disposez tout comme sur les meilleurs reflex de deux molettes de réglages (à l’avant et à l’arrière)

Le point fort des reflex est justement leur ergonomie, c’est-à-dire la bonne tenue en main, une bonne préhension.
Si vous avez de grosses mains, vous pouvez prendre l’appareil à pleines mains et le revêtement antidérapant évite le risque de chute de votre appareil.

C’est un point très important pour beaucoup de photographes professionnels mais également amateurs, car souvent on peut rater des photos bêtement en tremblant (ce qu’on appelle le flou de bougé du photographe)

Et plus l’appareil photo est léger et petit, plus ce risque est grand.
Sur cette gamme hybride Nikon, vous disposez de la même ergonomie que sur les reflex avec toutefois un bémol : l’appareil est plus petit donc plus léger.

Cette plus petite taille peut être plus inconfortable si vous avez de grosses mains, même si on s’habitue (j’en ai fait l’expérience avec mon premier hybride Sony)

Sur la partie arrière de appareil se trouvent les différents boutons de commandes directes: Le bouton de lecture des images, le bouton d’effacement, le commutateur de prise de vue photo ou tournage vidéo, le bouton de blocage de l’autofocus et de l’exposition, le bouton d’informations sur écran, un joystick pour circuler dans les fonctions, pour le choix des collimateurs autofocus et pour faire défiler les images, le bouton de menu principal, Le bouton de prise de vue en rafale et de retardateur, les boutons de zooming avant et arrière lors du visionnage des photos.

La touche i pour “Info” vous permet d’accéder à un menu personnalisable de 12 options, ce qui vous fait gagner pas mal de temps de recherche dans les menus déroulants !

L’écran LCD a une résolution de 2,1 millions de pixels. Il est tactile et inclinable, et vous permet de naviguer rapidement dans les différents menus.
Les menus sont ceux qu’on trouve dans la gamme reflex Nikon (à quelques détails près)

Concernant les écrans inclinables, je n’y était pas très favorable jusqu’au jour où j’ai testé par moi même.

J’en ai sur un hybride et sur mon reflex Nikon.

Maintenant,  je ne pourrais plus m’en passer.
J’étais plutôt contre parce que je pensais que ça rendait l’appareil fragile, les attaches étant le point faible, et le signal électronique vers l’écran passant par une mince feuille plastique cablée et exposée à toutes les intempéries.

Mais j’ai vu que, notamment sur le D750, ça a l’air d’être bien construit et fiable. Sur mon hybride Sony, le système est très solide également, en tout cas plus que sur des boules plastique avec écran inclinable à 360° sur certains reflex d’entrée de gamme dans lesquels je n’investirait pas un sou ! (peut-être à tort !)

Les avantages d’un écran inclinable vers le haut et vers le bas sont indéniables : vous gagnez en originalité des points de vue possibles et donc en créativité.

Par exemple, vous pouvez passer au-dessus de la tête de personnes lors d’un concert sans monter sur une échelle.
Ou encore vous pouvez prendre de tout petits animaux au raz du sol sans vous allonger la tête dans la terre. Idem pour les photographies d’enfants et même chose en vidéo.



Concernant le poids, il ne fait que 165g de moins qu’un Nikon D750 (585g au lieu de 750g, le D750 étant le plus légers des reflex 24×36 Nikon)

Comme il a un stabilisation interne au boîtier, en plus d’une possible stabilisation optique d’un objectif, ce problème est relativement résolu.

Les commandes principales de l’appareil se trouvent sur le dessus avec un barillet de réglage des modes d’exposition (PSAM pour Program, Speed ou vitesse, Aperture ou ouverture et Manual)

Ces réglages sont dit « experts » et suffisent amplement à toutes les situations photographiques.

Vous ne trouvez pas comme sur certains reflex, y compris semi-professionnels, des modes « scènes », des modes « effets » qui sont censés aider le photographe mais en fait lui compliquent plus la vie qu’autre chose et n’aident pas à progresser, car c’est l’appareil qui décide selon des critères mémorisés.

Ici comme sur les appareils reflex experts et professionnels, vous avez les fonctions photographiques essentielles.

Il subsiste seulement le bouton vert « tout auto » mais qui peut être bien utile lorsque vous devez prendre des scènes extrêmement rapidement et vous n’avez pas le temps de faire de réglages.

Vous trouvez même le symbole d’un rond barré d’un trait (sur la photo ci-dessous à droite prêt de la molette arrière)

Ce symbole matérialise l’emplacement du capteur par rapport à l’objectif, si vous devez faire des photos très rapprochées en mesurant au millimètre près.

Là on voit qu’on est dans de la photographie experte.

Ce qui est intéressant sur cet appareil, c’est que vous disposez de 3 modes utilisateur totalement personnalisables (U1/U2/U3).

On trouve ces modes paramétrables ou personnalisables sur d’autres appareils comme des reflex chez Nikon et Canon entre autre. Par exemple sur mon Nikon D750 j’ai 2 modes (U1 et U2), ce qui me permet sur  le 1er mode d’avoir des préréglages pour tous les types de reportage et portrait (grande ouverture, sensibilité ISO automatique, mise au point spot ou pondérée …)
Tandis que sur le 2ème mode, mes réglages sont adaptés à la photo d’architecture et d’intérieur avec petite ouverture, ISO manuel réglé sur 50, mesure de la lumière matriciel, réglages du quadrillage d’aide à la prise de vue des proportions et perspectives, et du niveau électronique.

Le viseur est assez gros, ce qui est un point fort, car le confort de visée est essentiel lorsque vous prenez beaucoup de photos et régulièrement.

A droite du viseur se trouve un écran Oled (à diode électroluminescente organique)

Comme sur de nombreux reflex, cet écran de contrôle résume les principales fonctions et réglages (ISO, ouverture, temps de pose, rafale, niveau de la batterie).

La visée

Le système de visée des appareils photos hybrides est complètement différent des appareils photo reflex. Dans les hybrides, c’est un système électronique qui reprend le signal électronique du capteur sur un petit écran (même principe pour l’écran principal arrière)

Tandis que dans les reflex, le système est optique: vous voyez l’image réelle comme vous la voyez à travers des lunettes ou des jumelles

Dans un reflex, la lumière qui traverse l’objectif ne va pas directement sur le capteur mais sur un miroir incliné à 45°, puis monte vers un pentaprisme, est redressée et retournée vers le viseur.
Vous pouvez donc viser et cadrer même l’appareil photo éteint (pour vous entraîner par exemple)


Le trajet de la lumière dans un pentaprisme
(En bas l’image venant du miroir et à gauche
l’image renvoyée dans le viseur)

Dans un hybride, il n’y a pas besoin de cette pièce de verre lourde et encombrante, ce qui permet une compacité plus grande et un poids moindre.

Un autre avantage d’avoir supprimé le pentaprisme, et en passant le système de miroir principal et secondaire, c’est moins de mécanique mise en œuvre, donc moins d’usure mécanique bien sûr,  un plus grand silence de déclenchement et d’obturation, voire un silence total avec le réglage sur l’obturateur 100 % électronique.

Le viseur électronique des Z6 et Z7 est basée sur une dalle Oled de 3,7 millions de points, donc très définie et très lisse à l’oeil (pixels invisibles)
Son grossissement est de 0,8x ce qui agrandit l’image et donne un très bon confort de visée.

Ce qu’on appelle le dégagement oculaire est par contre un peu juste pour que les porteurs de lunettes aient une vision complète de l’écran.

Ayant besoin de lunettes en prise de vue, je rencontre le même problème sur mon Nikon D750 et pourtant le dégagement oculaire du viseur est de 21 mm ! J’ai trouvé la solution en achetant un verre de correction de 4 dioptries qui se glisse sur le viseur et sous le capuchon de caoutchouc.

Ça me permet de prendre toutes mes photos sans lunettes et de voir parfaitement net sans perdre les bords de l’image.

Le dégagement oculaire, c’est la distance à partir de l’oculaire (ou du viseur de votre appareil), à laquelle il faut placer votre œil pour obtenir une vision complète de l’image.
Cette distance se situe entre 10 et 20 mm, souvent proche de 15 mm sur les appareil experts et moins sur les appareils entrée de gamme, d’où l’effet “trou de souris” c’est à dire une image ridiculement petite !

Si votre œil se trouve à une distance plus courte, il perçoit l’image avec des bords noirs prononcés (effet tunnel).

Dans les viseurs électroniques des hybrides (des compacts et bridges également) une donnée importante pour votre confort visuel et tout simplement pour ne pas avoir les yeux qui pleurent après de longues séances de prise de vue, c’est le rafraîchissement électronique de l’image.

C’est exactement le même principe que pour les écrans d’ordinateur.
Plus la vitesse de rafraîchissement est élevé et moins vous fatiguez vos yeux en travaillant de longues heures sur écran.

Si nous agitez votre main entre vos yeux et l’écran et vous voyez peu de dédoublement de vos doigts, c’est que la vitesse est suffisante.
Si vous voyez l’image animée de vos doigts saccadée avec plusieurs doigts dédoublés, elle est insuffisante.

C’est également la même chose en prise de vue vidéo:  à 24 images par seconde (qui est la norme du cinéma classique) sur grand écran, vous allez avoir des saccades lorsque des personnes des objets bougent latéralement, surtout si vous êtes très près de l’écran et que l’écran est grand.

A 60 images par seconde, ce qui est la norme vidéo et télévision d’aujourd’hui, l’image est relativement fluide même si des objets se déplacent rapidement.

La série des hybrides Nikon dispose d’un rafraîchissement de 60 images par seconde, ce qui est confortable et vous évite la fatigue visuelle.

La fluidité est plutôt agréable, même si le rafraîchissement est limité à 60 ips alors que certains modèles atteignent désormais 120 ips. Bon point, la visée sait rester fluide en basse lumière avec une montée du grain. Sans être le meilleur viseur du moment, il offre une très bonne qualité d’image (contraste, dynamique…).

Le capteur

Ces appareils hybrides disposent de nouveaux capteurs et d’un système autofocus corrélation de phase.
Ce système autofocus est le système classique qu’on rencontre sur la plupart des reflex actuels et qui analyse l’image directement sur le capteur un peu comme nous, humains, analysons les images.
Ce système remplace le système autofocus à détection de contraste, plus lent et plus poussif (donnant des saccades à la mise au point)

Les capteurs des hybrides Nikon sont rétroéclairés (BSI). Ils sont couplés avec le dernier système de traitement des données de Nikon (Expeed 6).

Ce système est chargé du traitement des images, de la visée électronique, mais également de l’autofocus.

L’autofocus dispose de 493 collimateurs sur le modèle à 45,7 Mpx et de 273 sur le capteur 24,5 Mpx.

Les collimateurs sont des points de réglage de mise au point. Plus il sont nombreux, plus l’automatisme permet de suivre un objet ou une personne en mouvement et de le maintenir net quelle que soit sa position dans le cadre.

La couverture de ces collimateurs représente 90 % du champ visé.
Les modes autofocus sont les classiques AF-S (réglage au moment exact du déclenchement) et AF-C (réglage de la netteté en continu, avant et pendant le déclenchement)

Les collimateurs peuvent être déplacés par groupes, mais il n’y a pas de mode suivi 3D comme sur les reflex Nikon.

Une fonction de reconnaissance des visages est bien utile en portrait, mais il n’y a pas de reconnaissance des yeux comme chez Sony. Vous me direz, à ce stade là, ça devient de l’ordre du gadget !

Le processeur Expeed 6 vous permet de réaliser des rafales à 9 images par seconde ou 12 ips selon le modèle, avec le suivi autofocus.

La vitesse de prise de vue est une chose, mais sans une bonne mémoire tampon, ça ne sert à rien.
La mémoire tampon, comme la RAM d’un ordinateur, permet de temporiser les opérations, plus précisément dans ce cas de stocker les fichiers images en attendant leur écriture sur votre carte mémoire.

La mémoire tampon des Z6 et Z7 permet le stockage de 19 images RAW (fichiers bruts directs du capteur non compressés). En format JPEG Fine (la meilleur qualité avec le plus faible taux de compression), elle peut stocker 27 images avant que le “tampon” soit plein.

La plage de sensibilité ISO du modèle Z7 va de 64 à 25 600 ISO et de 32 à 102 400 ISO en mode étendu (Boost électronique) Cette plage est moindre que celle du Z6, pourtant inférieur dans la gamme, mais le Z7 dispose de 45 millions de pixels sur son capteur, contre 24 pour le Z6.

Ceci explique cela, on ne peut pas tout avoir: plus les pixels sont nombreux sur un capteur, plus leur taille est réduite à taille égale de capteur, et plus le bruit ou parasitage numérique est important, et empêche de monter trop haut l’amplification de sa sensibilité.

Le modèle Z6 dispose d’une plage native (sans Boost) de 100 à 51 200 ISO extensible de 50 à 204 800 ISO.

La nouvelle monture Z

La monture est le système qui permet de changer d’objectif en le vissant au boitier. Il existe différents système (à vis pour les plus anciens et à quart de tour pour la majorité des systèmes actuels)

La monture F de Nikon est identique depuis 1959, ce qui permet d’utiliser tous les objectifs de la marque, ou les objectifs d’autres marques mais compatibles (Tamron, Sigma, Samyang …) qu’ils soient récents ou anciens.

C’est un avantage énorme, car les objectifs comptent plus que les boîtiers pour la qualité technique et créative, et ont une durée de vie plus importante que ces derniers.
Ceci est encore plus vrai à l’ère du numérique.

Cet avantage prends tout son sens car Nikon dispose de la gamme objectifs la plus importante au monde (il existe actuellement plus de 100 millions d’optiques en usage à travers le monde), avec certains objectifs de légende qu’on peut encore monter sur les derniers boîtiers reflex sortis, et tout à fait compatibles.

Petite parenthèse à ce stade de l’article: j’ai l’air de vanter Nikon car bien sur étant un utilisateur je peux en parler concrètement et pratiquement, mais je ne suis pas sponsorisé par cette marque ni aucune autre, et j’utilise également des boîtiers, systèmes et objectifs d’autres marques (Sony et Fuji entre autre pour ne pas les citer !)

La nouvelle monture Z de Nikon marque une coupure historique puisque de nouveaux objectifs sont et vont être développés spécialement pour ces nouveaux boîtiers hybrides et les modèles à venir.

Miniaturisation oblige, le débattement (tirage optique) ou la distance qui sépare le capteur des lentilles arrières des objectifs est moindre sur les hybrides et oblige à changer complètement la conception de l’ensemble.

Du côté des marques et des constructeurs, c’est une aubaine puisque ça permet de renouveler le marché avec de nouvelles productions.

Du côté des utilisateurs, c’est-à-dire les photographes, vous et moi, c’est parfois plus compliqué puisque certains d’entre nous possédons des parcs d’objectifs conséquents et c’est assez compliqué de tout changer.

On sait très bien que même si un objet, par exemple un objectif, à une valeur d’usage importante puisqu’il nous rend de grands services, à la revente on y perd beaucoup.
Surtout si on l’a acheté depuis plusieurs années, et malgré un fonctionnement impeccable.

Passer donc d’un reflex à un hybride n’est pas anodin, bien qu’on puisse imaginer une transition, en ayant les deux systèmes en parallèle, mais sachant qu’ils ne sont pas compatibles.

Toutefois Nikon (tout comme d’autres constructeurs) a prévu des bagues d’adaptation qui permettent de fixer des objectifs prévus pour la monture F des reflex sur la monture Z des hybrides


La connectivité

Cette nouvelle gamme hybride Nikon est bien pourvu en différents connecteurs, notamment avec une entrée micro stéréo et une sortie casque.

Si vous faites de la vidéo, c’est quasiment indispensable pour pouvoir connecter un micro externe et éviter le bruit des mains sur l’appareil (et également du vent puisque vous pouvez mettre une bonnette anti-vent sur votre micro externe)

Cette prise vous permet également d’éloigner le micro de l’appareil par un câble de rallonge.

En parlant de vidéo, vous pouvez filmer en 4K pleine définition et faire des “time lapse”  8K
Je ne m’attarderai pas sur les fonctions spécifiques à la vidéo, m’adressant à des photographes, même si je sais que certains d’entre vous pratiquez les 2 disciplines.

Vous disposez également d’une sortie casque pour contrôler le son enregistré.

Les autres connecteurs sont ceux qu’on trouve sur de nombreux modèles actuellement, comme une prise USB type C et une sortie HDMI de type 2 qui vous permet de regarder les images fixes ou animés sur un écran de télévision externe ou d’enregistrer votre vidéo sur un enregistreur externe.

Vous disposez également d’une prise pour déclencheur filaire c’est-à-dire une télécommande à câble.

Le système de connexion de flash (sabot) est compatible avec les flashs de la marque.
Dans les connexions sans fil on peut remarquer qu’il n’y a pas de connexion Bluetooth.
Par contre un système wi-fi vous permet de transférer les images vers votre Smartphone.
Vous pouvez également piloter votre appareil hybride à l’aide d’un ordinateur et ceci sans fil mais à travers le logiciel “Caméra control pro 2” qui est payant (environ 200 €)

Les fichiers images sont stockés sur à une carte au format XQD XQD ou CF Express
Il n’y a pas de deuxième emplacement pour les cartes SD, les plus courantes à ce jour. Et pas de possibilité de sauvegarde à la prise de vue comme sur certains reflex Nikon. En espérant que le format XQD va se répandre et non pas disparaître comme certains par le passé !

La stabilisation d’images

Comme je le disais précédemment, lorsque les appareils sont miniaturisés, ils sont plus légers et plus petits. Leur ergonomie est moindre et on a tendance à plus bouger, ou plutôt nos tremblements naturels ne sont pas amortis, voire ils sont amplifiés.

Depuis longtemps, les ingénieurs ont mis au point différents systèmes dont la stabilisation électronique et la stabilisation optique.
Ce dernier est un système mécanique intégré directement dans les objectifs et très efficace.

Jusqu’à présent, la stabilisation électronique sur le capteur (donc dans le boîtier) était relativement efficace mais dégradait un petit peu l’image, ou beaucoup, selon le système et le résultat à atteindre.

La stabilisation optique est meilleure mais se trouvant dans chaque objectif, c’est un système coûteux à l’usage puisque chaque fois que vous achetez un nouvel objectif, vous payez pour un nouveau système de stabilisation (ça fait doublon mais vous n’avez pas le choix)

La gamme d’hybride Nikon Z6 et Z7 intègre un système de stabilisation mécanique directement dans le boîtier.

Les avantages des deux systèmes sont réunis: vous n’avez à payer qu’un seul système de stabilisation d’images à l’achat du boitier mais ce système interne ne dégrade pas vos images comme un système électronique.

Le système utilise le même principe que dans les objectifs, c’est-à-dire un déplacement opposé à votre mouvement, mais dans le boîtier, en faisant bouger le capteur par un système ingénieux d’amortissement sur 5 axes.

L’obturateur

Je termine sur l’obturateur, qui est une pièce capitale de tout appareil photo car c’est elle qui détermine sa durée de vie exactement comme le nombre de battements de notre cœur détermine notre longévité !

Il existe des obturateurs mécaniques et des obturateurs électroniques comme par exemple dans nos Smartphones.

Les obturateurs mécaniques ont une durée de vie limitée. En gros plus l’appareil est cher (donc haut de gamme) et plus il est prévu de cycles d’obturation (ou de nombre de déclenchements possibles avant la panne mécanique de l’obturateur).

Hors une réparation ou un remplacement d’obturateur peut couter plusieurs centaines d’euros.

Par exemple sur les appareils d’entrée de gamme, l’obturateur termine sa vie à environ 50 000 déclenchements, sur les appareils moyen de gamme 100 000 ou 150 000, et sur les meilleurs boitier professionnel le chiffre peut atteindre 300 000.

Pour information, ce nombre est déterminé par des tests que réalisent les labos de chaque marque.
C’est le minimum de déclenchements qu’elles garantissent (encore que ça ne fait pas partie de la garantie contractuelle)

Cependant, j’ai vu sur les statistiques de certains sites et certains utilisateurs d’appareils ont poussé certains boîtiers qui n’était pourtant pas ni professionnel ni expert à 500 000 voir plus d’un million de vues.

Donc tout ça est relatif, mais il faut quand même savoir que l’obturateur mécanique à une durée de vie, tandis que l’obturateur électronique n’a pas d’usure, mise à part la panne des composants électroniques.
Mais cette panne peut être beaucoup plus tardive, selon la qualité des composants bien entendu.

Sur cette série Z, l’obturateur peux monter jusqu’à 1/8000 ème de secondes, performance atteinte sur les reflex professionnels.

L’obturateur est mécanique mais il est doublé d’un obturateur électronique totalement silencieux, ce qui est très intéressant en photographie de concert ou dans une salle de théâtre

Conclusion

Ces deux appareils photo sont résolument plus compacts et plus légers que la plupart des reflex pour une qualité d’image supérieure à certains reflex.

Si de nombreux photographes regrettaient que la plupart des hybrides soient moins solides que les reflex professionnels, la lacunes est comblée, car les matériaux employés pour leur construction sont équivalents aux meilleurs reflex de la marque.

La prise en main est bonne, bien que certains préféreront un appareil plus gros.
Pour beaucoup de photographes, le poids est un problème (et je fais partie de ces photographes qui après des années de prise de vue n’ont plus envie de trimbaler des kilos de matériel autour du cou)

Par contre la taille n’est pas tant un problème. Au contraire, un appareil trop petit à une moins bonne prise en main alors que plus gros, c’est plus stable et plus confortable.

De toute façon, et je vous donne ici mon opinion personnelle, je crois qu’il faut s’enlever l’idée d’avoir un seul appareil ultra compact à tout faire et qu’on emporterait partout, un peu l’appareil photo idéal !

Car le seul qui rentre vraiment dans une poche, qu’on a vraiment toujours sur soi et qu’on oublie, c’est le Smartphone.
Je suis partisan d’avoir un très bon appareil avec un bon compromis tout de même qualité, taille et poids, mais sans aller dans l’excès de la miniaturisation,

J’ai depuis longtemps laissé tombé l’idée d’avoir un seul appareil absolument toujours sur moi. S’il en est un seul, comme je l’ai dit, c’est mon iPhone.
Pour faire de la photo professionnelement ou par pur plaisir, j’utilise différents boîtiers selon les circonstances, les usages, les sujets et les conditions météo entre autre, et les emporte dans différents sacs de transport selon les besoins.

Un hybride est plus transportable bien sûr qu’un gros reflex mais si on veut de la qualité et de la créativité, l’objectif restera toujours proéminent avec de grandes ouvertures et par conséquent de grosses lentilles.

La visée électronique est devenue pratiquement parfaite, l’image étant pratiquement réelle, mais elle est très gourmande en énergie (330 vues contre 1800 vu avec un D850 et une batterie analogue)

Les objectifs sont plus compacts sur les hybrides mais onéreux voire plus onéreux que certains objectifs de reflex.

On n’a plus de visée optique : on ne voit pas la réalité comme à l’œil mais on voit le résultat final.
C’est finalement un avantage car on est plus précis dans le réglage de la balance des blancs, (vous voyez les vrais couleurs telles qu’elles seront sur le cliché final. Idem pour le réglage de sur et de sous-exposition.

Vous avez vraiment l’image telle qu’elle va être et non pas comme vous vous l’imaginez.

Car même si vous êtes excellent photographe, vous pouvez parfois avoir des (mauvaises) surprises, nos yeux s’adaptant à toutes les conditions lumineuses, mais l’appareil photo peut-être trompé, et notamment sa cellule de mesure d’exposition.

Au lancement de ces modèles, 3 optiques sont disponibles dans la nouvelle gamme dédiée à la monture Z (appelée « S-Line)  :
Un zoom 24-70 mm f/4 à luminosité moyenne mais très compact
Un 35 mm f/1.8 et un 50 mm f/1.8. Ces deux optiques sont très lumineuses et permettent déjà de jolis bokeh (flou d’arrière-plan)

Maintenant, le meilleur pour la fin.
Le Z6 est annoncé à 2299 euros boîtier nu à sa sortie officielle courant novembre 2018 et le Z7 à 3699 euros boîtier nu (prévu pour fin septembre, début octobre 2018)
Le prix du Z7 peut monter 4449 € avec un zoom 24-70mm f/4 S et l’adapteur FTZ pour objectif de monture F

Pour aller plus loin en photo: Les programmes avancés

Portrait Michel Caumes

Je m’appelle Michel Caumes et suis photographe professionnel depuis plus de 25 ans, à Mulhouse en Alsace.

A travers ce blog, je souhaite vraiment vous transmettre toute mon expérience, mes trucs et astuces de photographe qui vous feront gagner de précieuses années de tâtonnement et d’auto-formation, ce qui a été mon parcours, n’ayant pas eu l’opportunité de suivre des études photo dans une école.

Ça ne m’a pas empêché pas de réussir pour autant, mais il est certain qu’une formation guidée pas a pas fait gagner énormément de temps !

Je souhaite vous aider au maximum à accélérer votre formation, par des articles, des vidéos, des podcasts.

Mais c’est vous qui devez pratiquer pour trouver votre propre style et être fier de vos photos !!