La vitesse d’obturation ou temps de pause – Comment la maîtriser et faire de beaux flous ?

Je vais vous parler aujourd’hui de la vitesse d’obturation, qu’on appelle également le temps de pause.
C’est un des trois paramètres du triangle de l’exposition.

Dans cet article vous allez voir:

  • La définition de la vitesse d’obturation appelée également temps de pause ou durée d’exposition
  • Comment régler la bonne vitesse par rapport à votre sujet?
  • Une étude de cas sur le flou de mouvement en photo
  • Une deuxième étude de cas avec explication de l’utilisation du stabilisateur
  • Le principe de correspondance entre les indices de lumination
  • Des exemples de photos à des vitesses d’obturation différentes
  • Les 3 méthodes pour stabiliser au maximum votre appareil
  • Les trois flous artistiques recherchés par le photographe

Qu’est ce que la vitesse d’obturation ?

C’est le temps durant lequel l’obturateur reste ouvert devant le capteur et laisse passer la quantité de lumière nécessaire pour réaliser une bonne exposition (Photo ni trop claire ni trop sombre)

L’obturateur est un système composé de lamelles (en général horizontales) formant un rideau et d’un micro moteur qui commande l’ouverture de ce rideau au moment où vous déclenchez
Je parle de l’obturateur (illustré en photo et vidéo) dans l’article “L’exposition (triangle ouverture / vitesse d’obturation/ sensibilité ISO)”

Dans l’article “L’ouverture du diaphragme et son impact sur vos photos”, je vous ai parlé d’une ouverture plus ou moins grande qui laisse passer plus ou moins de lumière, donc on pourrait dire, puisqu’on a ce système de dosage de lumière, pourquoi avoir en plus une vitesse d’obturation ?

En fait, la vitesse d’obturation vient en complément de l’ouverture du diaphragme. La fonction première du diaphragme est de laisser passer une quantité de lumière plus ou moins grande pour obtenir une bonne exposition. Sa fonction secondaire est de créer un arrière- plan plus et moins flou.

Comme je l’ai dit précédemment, la vitesse d’obturation est le temps durant lequel le rideau de l’obturateur reste ouvert.
Cette vitesse se compte en secondes (1 à 30 secondes) pour les vitesses lentes et en fractions de secondes pour les vitesses les plus rapides (de 1 seconde à 1/2000,  1/4000 et jusqu’à 1/8000 de seconde ou plus pour les appareils les plus performants)

Le principe de la vitesse d’obturation est valable pour tous les appareils photo, y compris les smartphones.
Dans ce dernier cas vous n’avez pas toujours la possibilité de choisir et régler vous-même, car l’appareil le fait souvent automatiquement.

Comment régler la bonne vitesse ?

Pour régler la bonne vitesse d’obturation, vous avez plusieurs choix possibles:

  • Soit laisser faire l’appareil en réglant en mode tout automatiquement ou en mode programme (Mode P)
    Dans ce cas, l’appareil va régler la bonne vitesse et l’ouverture du diaphragme en fonction de la de longueur focale, de la sensibilité ISO
    Éventuellement en fonction du type de sujet qu’il a en mémoire.
    Mais dans ce cas là vous n’avez pas de contrôle
  • Soit utiliser le semi-automatisme avec 2 options sur lesquelles vous avez un contrôle au niveau du réglage de la vitesse:
    – Le mode de priorité à la vitesse
    – Le mode priorité à l’ouverture (dans ce cas la vitesse va varier automatiquement en fonction de la luminosité ambiante et il vous faudra faire varier l’ouverture du diaphragme pour rester sur une vitesse donnée)
  • Soit utiliser le mode manuel s’il existe sur votre appareil

Le mode de priorité à la vitesse nous intéresse plus particulièrement aujourd’hui puisque vous choisissez une vitesse d’obturation en fonction de la vitesse de votre sujet et l’effet que vous souhaitez, et votre appareil règle l’ouverture du diaphragme de façon à obtenir la bonne exposition.
Dans ce mode vous êtes certain d’avoir toujours une vitesse constante et un effet contrôlé.

Exemples de photos à différentes vitesses

Voici un premier exemple de personnes que j’ai prises marchant dans la rue.

Piétons - flou de filet

Piétons - flou de filet

La première photo a été prise à une vitesse lente de 1/4 de seconde (à main levée grâce au stabilisateur optique incorporé dans l’objectif) et le système d’exposition de l’appareil a réglé le diaphragme automatiquement à F / 22 (presque la plus petite ouverture de cet objectif)

Ce que vous avez remarqué entre la première photo et la deuxième, c’est que sur la première, comme j’ai réglé une vitesse lente, le mouvement des personnes quand elle marchent est rendu un peu flou.
C’est surtout visible au niveau des jambes qui bougent plus vite que le reste du corps

On voit éventuellement leur visage net,  mais les bras et les jambes qui bougent plus vite sont plus flous.
Par contre, en compensation,  comme j’ai fait rentrer beaucoup de lumière en utilisant une vitesse lente, l’appareil a calculé un diaphragme fermé

La conséquence, c’est qu’on a une grande profondeur de champ. Les personnes ont un flou de bougé mais en même temps on voit net derrière. Tout le fond est net, ce qui n’est peut-être pas l’idéal.
Mais dans ce cas on a pas le choix, parce qu’on est bloqué au réglage ISO le plus bas, à une vitesse d’obturation très lente et l’appareil est obligé de fermer au maximum.

Si on voulait influer pour avoir un fond flou, il faudrait pouvoir baisser les ISO. Ici mon appareil descend à 200 ISO minimum. Il faudrait pouvoir descendre à 50, 32 ou 25 ISO, ce que ne permettent pas tous les appareils numériques.

Là je voulais vous montrer la différence entre le rendu de 2 types de photos prises au même endroit sous la même lumière et à un même réglage ISO, ici 200 ISO. L’une en 1/4 de secondes et une ouverture très petite (F22) et pour la deuxième une vitesse de 1/250 sec (une vitesse rapide) et une grande ouverture de f5,6 (ou relativement grande).

Comparaison vitesses d'obturation - flou de bougé du sujet

Ce qui est important à comprendre ici, c’est que la vitesse d’obturation permet esthétiquement de traiter plusieurs sujets, que ce soit des sujets en très grand mouvement et qu’on va figer, ou des sujets comme l’eau, par exemple, sur la mer, un fleuve ou un lac sur lequel on voudrait au contraire utiliser des vitesses lente pour créer un flou, mais en flou de mouvement esthétique.

Je vous montre par exemple cette photo sur laquelle la vitesse lente provoque un effet de balayage, un flou de mouvement avec des reflets. C’est très artistique.
On aurait pas du tout obtenu la même chose avec une vitesse rapide. Mais pour obtenir un beau résultat, il faut utiliser un stabilisateur ou un trépied.

l'eau - flou de filet - Michel Caumes - Blog Faire-de-la-Photo.fr

Les 3 méthodes pour stabiliser au maximum votre appareil.

En tant qu’amateur, vous vous demandez  pourquoi vos photos sont ratées, et c’est bien souvent à cause de tout ce que je viens d’expliquer. Ce peut être parce que vous ne savez pas  bien tenir l’appareil, ou pas bien déclencher.
Bien déclencher, ça veut d’abord dire bien tenir l’appareil, même dans le cas d’un smartphone.

1 – La meilleure prise en main pour tout type d’appareil

Dans le cas du smartphone, vous devez le tenir fermement par les quatre coins tout en déclenchant soit avec le pouce soit avec l’index selon la conception (bouton physique programmable ou déclenchement par l’écran tactile)

Si vous avez un reflex, la meilleure position est celle sur la photo ci-dessous, avec les deux coudes contre le corps, le viseur appuyant contre votre arcade sourcilière, la main droite sur la poignée, l’index positionné sur le déclencheur et la main gauche sous l’objectif ou sous la semelle du boîtier pour stabiliser vers le bas.

En prise de vue verticale vous aurez un peu moins de stabilité puisque vous aurez un coude dans l’air. Mais si vous possédez un appareil reflex, compact expert ou hybride avec un grip faisant office de poignée verticale, vous aurez la même stabilité qu’en position horizontale

Si vous avez un hybride qui n’a pas de viseur, la visée se faisant uniquement sur l’écran arrière, il faut appuyer vos deux coudes encore plus contre votre corps.
Si votre appareil possède une sangle, vous pouvez vous en servir la tendant pour créer un troisième point d’appui.

Si votre appareil a un écran articulé, vous pouvez également tendre la courroie vers le bas, l’appareil étant contre votre corps, vous aurez encore plus de stabilité. Vous aurez dans ce cas un point de vue un peu plus bas.
C’est valable uniquement pour le cadrage horizontal, puisqu’en vertical on sera dans la même position que pour un appareil sans poignée de cadrage verticale, avec un coude relevé.

En règle générale, avec les appareils sans viseur, il faut être bien conscient de votre respiration et la bloquer éventuellement juste au moment de la prise de vue.

Meilleures tenues en main appareils photo - Michel Caumes - Blog Faire-de-la-Photo.fr1 Reflex sans grip cadrage horizontal – 2 Reflex sans grip cadrage vertical
3 Reflex avec grip cadrage vertical – 4 Hybride ou compact sans viseur
5 Hybride ou compact sans viseur avec écran articulé – 6 Smartphone

Concernant le smartphone, comme je l’ai dit précédemment, vous le tenez bien fermement avec les 4 doigts et vous êtes bien conscient que c’est un appareil très léger, donc le moindre mouvement de votre du doigt sur l’écran va avoir tendance à le faire pivoter d’avant en arrière.
Plus un appareil est léger, plus il est transportable. C’est son principal avantage. Mais le principal inconvénient, c’est qu’il manque totalement de stabilité à cause d’une très mauvaise ergonomie.

Les smartphones sont également de plus en plus équipés de stabilisateurs électroniques et même optiques.
Sur certains, le bouton marche-arrêt peut-être programmé comme déclencheur, ce qui aide bien.

Tous les trucs que je vous donne peuvent paraître tout bêtes, mais c’est essentiel à la réussite technique d’une photo avant même de parler de toutes les autres composantes.

Beaucoup de belle photos qu’on admire dans les livres sont prises avec des vitesses assez lentes pour créer des effets et donner une suggestion de mouvement.
Si l’ensemble de la photo est flou, ça donne vraiment une impression de raté, à moins d’avoir fait un effet spécial dans la technique du light painting où tout l’appareil bouge afin de peindre véritablement avec la lumière sur le capteur
Ça donne un effet artistique, mais en général, les photos avec bougé du photographe sont complètement ratées

2 – Les systèmes de stabilisateur

Un stabilisateur, qu’est-ce que c’est ? C’est un système électronique ou optique intégré au boîtier ou à un objectif, et qui compense vos micro-mouvements involontaires, en faisant bouger le capteur ou un groupe de lentilles dans le sens opposé à votre mouvement.

Tout humain a des tremblements, même s’il est très calme. Même si vous avez le meilleur appui avec vos coudes contre le corps ainsi que le viseur en appui contre votre arcade sourcilière.

Les tremblements, parfois imperceptibles, vont être accentués selon votre état émotionnel, votre humeur, et d’autres facteurs.

Mais il y a toujours un tremblement imperceptible qui provoque un flou de bougé du photographe.
Ce flou est banni car il est inesthétique et non recherché par le photographe. C’est bien un flou de mouvement mais involontaire.

Si on est obligé d’utiliser une vitesse relativement lente par rapport à un sujet donné et selon l’esthétique qu’on veut rendre, on peut contrecarrer ce flou avec un système de stabilisation.

On doit être doit conscient qu’on  va pouvoir descendre de 2 crans, “stops” ou IL (indice de lumination)
Un indice de lumination correspond à un écart entre 2 valeurs de diaphragme ou entre 2 vitesses d’obturation.

Chaque fois qu’on passe de F8 à F11, de F11 à F16, on descend d’un IL
C’est la même chose au niveau de la vitesse d’obturation: de 1/125 de sec à 1/250 de sec, on descend également d’un IL, tout en doublant la vitesse.

Un stabilisateur, qu’il soit optique ou électronique fait parfois de petits miracles car vous allez pouvoir descendre de 2 voire 4 IL.

Par exemple si une photo commence à être floue à 1/30 à main levée, vous pourrez descendre à un 1/15 sec ou 1/8 sec si vous êtes bien en appui. J’ai fait des tests avec un hybride stabilisé optiquement, et même jusqu’à une demi-seconde, tout est relativement net au niveau du fond, mais les personnes qui passent dans le champ de la photo ou les objets en mouvement sont complètement flous (flou de mouvement du sujet)

Mais ce stabilisateur a des limites parce que vous tenez également l’appareil à la main. L’idéal, c’est le trépied, qui vous permet de faire des photos en vitesse très lente, notamment de nuit.

Il vous permet de faire des pauses très longues pour avoir par exemple des traînées d’étoiles ou des traînées de phares de voiture se déplaçant durant plusieurs secondes ou plusieurs minutes !

3 – L’utilisation d’un trépied

Au-delà d’une seconde, il quasiment impossible de réaliser une prise de vue nette à la main, même avec un bon stabilisateur.
Il vous faut donc un trépied. Ce trépied peut-être un mini trépied que vous posez sur un rocher ou un objet assez haut, ou au sol si vous voulez faire de la contre-plongée.

Ça peut être un trépied léger en carbone, ou en aluminium (un peu plus lourd) de taille moyenne, qui pèse par exemple entre un kilo et 2 kilos. Vous pourrez donc le transporter relativement facilement, même en randonnée.

Par contre, l’inconvénient d’un trépied léger, c’est qu’il ne sera pas absolument stable.
Par exemple, s’il y a du vent assez fort ou s’il y a des camions qui passent et qui font trembler la route au moment de la prise de vue, ces tremblements (ondes amplifiées) risquent de créer un flou de bougé sur toute l’image.

Sur certains appareils, il existe une option de miroir relevé. Vous appuyer d’abord sur le déclencheur pour relever le miroir et vous prenez ensuite la photo.
La levée du miroir provoquant un petit tremblement sera évitée. Ce système est valable uniquement pour des photos cadrées d’avance sur trépied, et si vous n’avez pas besoin de contrôler ce qui se passe dans le viseur.
En effet, si vous avez un reflex, au moment de prendre la photo vous ne voyez plus ce qui se passe dans le viseur ni votre sujet pendant une fraction de seconde voir plusieurs secondes.

L’idéal avec un trépied léger, c’est d’accrocher votre sac photo sous le trépied en le faisant pendre. Si votre sac photo pèse 2 à 3 kg, ça suffit pour stabiliser l’ensemble et remplacer un trépied beaucoup plus lourd. Vous pouvez l’accrocher par un crochet que vous pouvez acheter ou bricoler vous-même.

Il faut laisser pendre votre sac à dos en l’air sous votre trépied (ou le laisser frôler le sol s’il y a du vent) pour ajouter un poids supplémentaire au poids de votre trépied.

Vous pouvez également avoir un trépied plus gros et plus lourd. L’avantage, c’est qu’il montera plus haut. C’est utile pour certains sujets et également pour ne pas vous casser le dos en vous penchant pour voir dans votre viseur ou sur votre écran arrière (sauf s’il est articulé)

Mais par contre son poids risque d’être dissuasif et vous ne l’emmènerez pas partout, surtout pas en randonnée par exemple.

Là je vous donne des petits trucs qui sont des compromis entre stabilité et légèreté, sachant que le mouvement de l’appareil ne pardonne pas, et plus le capteur est gros, plus le flou de mouvement du photographe est amplifié.

Les 3 flous artistiques

Ces flous sont recherchés pour leur esthétisme,

1 – Le fou de bougé ou de mouvement du sujet

Pour illustrer le flou de mouvement du sujet, on va prendre un exemple d’une photo d’architecture.

Architecture - Maison - Flou de bougé du sujet - Michel Caumes - Blog Faire-de-la-Photo.fr

Le sujet principal sera le fond, c’est-à-dire un grand hall ou une grande salle.
On place l’appareil sur trépied à une vitesse longue de par exemple deux ou trois secondes.

Sur la photo d’exemple (un salon vue en plongée), la vitesse est de ¼ de seconde, ce qui a suffit à créer le mouvement de la personne qui marche à gauche.
Pendant le temps d’ouverture de l’obturateur, elle a eu le temps de parcourir peut-être un mètre ou deux et sa trajectoire a créé une image floue dans l’image globale nette.

Les gens qui vont passer dans le champ ne sont pas le sujet principal mais on veut tout de même avoir la relation entre la taille de l’humain est la taille réelle du sujet, ici la pièce. Si on n’avait pas d’élément humain, on n’aurait pas d’échelle de mesure. Or une photo peut-être visionnée à des tailles et formats très différents, que ce soit sur écran ou sur papier.
Sans échelle, l’oeil et le cerveau sont perdu !

Comme on prend la photo sur trépied, le sujet principal (la pièce) est nette, d’autant plus qu’on ferme le diaphragme. L’oeil est attiré par les zones nettes avant les zones floues.

Pour arriver à un résultat qui vous satisfasse, vous devez faire des essais successifs. Vous devez vous entraîner en intérieur chez vous, dans la rue ou dans tout autre lieu ou des personnes passent (ça peut être des véhicules, des animaux …)

L’important est que votre appareil soit bien stable, sur un trépied ou sur un objet si vous n’avez pas de trépied (table, muret).

En utilisant des vitesses de plus en plus lente, vous allez savoir quels paramètres d’exposition (couple vitesse / ouverture) vous donnent le résultat le plus satisfaisant.

Vous allez savoir à dans quels cas c’est complètement flou, un petit peu moins flou … Et ce qui vous convient esthétiquement.

Selon qu’il s’agit d’une personne qui marche lentement, plus rapidement, latéralement, vers vous, d’un cycliste, d’une voiture, vous n’aurez pas le même résultat.

Vous pouvez noter quelques repères si vous voulez au début, mais ne cherchez pas à tout noter ou à retenir par coeur, ce serait trop fastidieux !

Ayez confiance qu’avec la pratique, prise après prise, tous les cas de figures se mémorisent dans votre subconscient, et vous n’aurez plus à réfléchir. Vous réglerez instinctivement.

La photographie est une pratique personnelle. Vous vous exprimez avec votre personnalité, vos goûts et créez votre propre style de photo.
C’est pour ça que je vous guide et vous montre les bases, mais c’est ensuite à vous de jouer.

L’important est ce que vous voulez montrer.

Donc dans cet exemple de photo d’architecture, le sujet principal c’est la pièce et pas les personnes.

2 – Le flou de filé

Pour illustrer le “flou de filé” on va prendre un deuxième cas de figure, ici un cycliste.

Cycliste - flou de filet - Michel Caumes - Blog Faire-de-la-Photo.fr
Dans cette image, le sujet principal est bien le cycliste et le fond est juste là pour agrémenter.
On ne veut pas que l’oeil s’arrête sur le fond. Pour ça, on utilise la technique du flou de filé, c’est-à-dire qu’on utilise une vitesse relativement longue ou lente, qui peut être par exemple 1/15 secondes ou 1/30 sec, mais on va suivre le mouvement du cycliste latéralement en tournant le torse de gauche à droite ou de droite à gauche.

Le cycliste reste dans mon champ de vision latéralement et à la même distance de mon appareil durant le temps de pause (le temps durant lequel l’obturateur reste ouvert et la lumière rentre vers le capteur)

Le sujet principal (le cycliste) va donc rester net puisqu’il ne bouge pas en apparence par rapport à moi, mais le fond va être flou par mouvement relatif opposé.

C’est un petit peu comme la course du soleil: la terre tourne et donne l’impression que c’est le soleil qui tourne autour de nous. Là c’est la même chose, comme on va tourner le torse avec l’appareil, le sujet semble ne pas bouger mais le fond oui, et par l’utilisation d’une vitesse lente, on obtient un flou dit de filé. Ça provoque des traînées horizontales assez esthétiques suggérant le mouvement, comme dans les bandes dessinées.

C’est la même chose que lorsque vous êtes dans le train et que votre wagon ne bouge pas mais le train d’en face avance. Vous avez l’impression de reculer. C’est du mouvement relatif.

Pour avoir un effet de filé parfait, vous pouvez monter votre appareil photo sur un trépied muni d’une tête vidéo de préférence.

3 – Le flou ou effet de zooming

La dernière technique de flou artistique s’appelle le zooming.
Elle nécessite l’emploi d’un zoom, de préférence “transtandard”, c’est à dire allant du grand angle au petit téléobjectif. Ça fonctionne également avec d’autres types de zooms mais le résultat est plus difficile à maîtriser.

Vous prenez par exemple une photo à une seconde ou une demi-seconde de vitesse d’obturation, mais là il faut être relativement bien entraîné si vous tenez votre appareil à la main, et un stabilisateur optique (incorporé à votre objectif) est quasiment indispensable.

Carnaval - flou de zooming - Michel Caumes - Blog Faire-de-la-Photo.fr

Dès le déclenchement, vous passer très rapidement du grand-angle au moyen téléobjectif avant que l’obturateur se referme, et vous obtenez une image composée de plusieurs vues à différents angles, dans laquelle vous avez un effet caractéristique de zooming, appelé également “effet coup de zoom”. Votre sujet semble s’éclater en étoile.

Si vous utilisez une vitesse encore plus lente et votre sujet est immobile vous aurez une personne ou un sujet net parce que vous l’aurez figé au début de l’obturation et le reste du temps vous aurez zoomé et créé des effets de flou en parallèle

Les effets que vous pouvez obtenir sont infinis. Je vous en montre ici quelques exemples mais c’est en essayant que vous allez découvrir cette technique et toutes ses possibilités.

Conclusion

Dans cet article, je vous ai explique le principe de la vitesse d’obturation, qu’on appelle également temps de pause.
Plutôt que rester uniquement sur l’aspect technique, même s’il est important de le comprendre et de le maîtriser, j’ai voulu vous montrer le résultat concret sur vos photos de ce paramètre d’exposition.

J’ai donc fait le tour de tous les types de flou recherchés en photo pour leur aspect esthétique et artistique: le flou de mouvement du sujet, le flou de filé et le flou de zooming.

Je vous ai également montré comment éviter le flou sur toute l’image, qui rend une photo irrémédiablement ratée !

Voici un résumé du temps de pause sur Wikipedia  ainsi que des flous artistiques

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Je m’appelle Michel Caumes et suis photographe professionnel depuis près de 25 ans, à Mulhouse en Alsace.

A travers ce blog, je souhaite vraiment vous transmettre toute mon expérience, mes trucs et astuces de photographe qui vous feront gagner de précieuses années de tâtonnement et d’auto-formation, ce qui a été mon parcours, n’ayant pas eu l’opportunité de suivre des études photo dans une école.

Ça ne m’a pas empêché pas de réussir pour autant, mais il est certain qu’une formation guidée pas a pas fait gagner énormément de temps !

Je souhaite vous aider au maximum à accélérer votre formation, par des articles, des vidéos, des podcasts.

Mais c’est vous qui devez pratiquer pour trouver votre propre style et être fier de vos photos !!