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Les 5 secrets pour réussir vos photos de coucher de soleil

Bonjour à toutes et tous,

Je vous l’avais promis, le voilà ! Un article spécialement consacré à la prise de vue de coucher de soleil.

Si la photographie de paysage est un domaine des plus populaires en photographie, s’il est un sujet prisé en photographie de paysage, c’est bien le coucher de soleil.

Nous en voyons un peu partout sur le Web car qui n’est pas sensible à ce merveilleux tableau que nous offre la nature en fin de journée, que ce soit en campagne, en forêt ou au bord de la mer ?
Si le sujet semble facile au premier abord, il ne l’est pas autant qu’il paraît.

Ceci pour plusieurs raisons, la première étant que tout ce que l’œil humain observe n’est pas reproduit du tout de la même façon par votre appareil photo.

Vision humaine versus vision d’un appareil photo

En effet, notre œil fonctionne un peu comme une caméra qui scannerait constamment à droite et à gauche le sujet qu’elle filme.

Notre champ de vision (ou champ visuel) précis et net est de moins de 2 mm de large et d’un angle de 1,5°. Il s’appelle la fovéa et toute l’image qui se trouve à l’extérieur est plus ou moins floue.

Si on compare l’angle de vision net de la fovéa à l’angle de vision d’un objectif, cela correspond à un super téléobjectif de plus de 1400 mm de longueur focale, soit un grossissement de 28 fois par rapport à un objectif standard de 50 mm !!

Voilà pourquoi notre impression visuelle devant un sujet réel est complètement différente du résultat obtenu avec un objectif proche de notre angle de vision humaine ou se rapprochant de celle-ci.

Oeil humain en coupe

Oeil humain en coupe
Source: http://fr.wikipedia.org

 

L’impression de voir net est due a un balayage constant de nos yeux selon notre intérêt pour le sujet que nous privilégions de fixer, et à la reconstitution permanente par notre cerveau d’une image globale à partir de multiples images “scannées” par nos yeux en mouvement.

C’est grâce à ce système que devant un paysage, vous pouvez focaliser sur un point précis, par exemple le soleil, et le percevoir à une taille respectable alors qu’en prise de vue, avec un appareil photo et un objectif d’un angle équivalent à la vision humaine, soit environ 45 degrés pour un 50 mm sur un boîtier 24×36, le soleil paraît tout petit et rejeté à l’horizon.

1er secret: Utilisez des téléobjectifs de préférence

On ne l’apprécie pas du tout de la même façon et il faut donc avoir conscience de cette grande différence pour interpréter avec son appareil photo et “tricher” en quelque sorte grâce à l’utilisation d’optiques à focales longues (télé-objectifs)
Si on veut que le soleil soit le sujet principal, il faut un objectif de longueur focale 400 mm voire plus dans certains cas.

Dans l’exemple de la photo ci-dessous prise à Mulhouse chez moi depuis ma fenêtre, j’ai utilisé un 200 mm monté sur un doubleur de focale et le tout sur un boîtier APSC pour bénéficier d’un coefficient multiplicateur de x1,5, ce qui correspond en fait à un objectif de 600 mm de longueur focale.

Coucher de soleil à Mulhouse

400 mm (équivalent 600) – f8 – 400 iso – 1/250

Donc par rapport à l’oeil humain, on est à un grossissement de 12 fois, et pourtant le soleil ne paraît pas exorbitant dans l’image. J’aurai même souhaité qu’il soit un peu plus gros ! Bon, ce n’est que partie remise, ce sera lorsque je pourrai me payer un “télescope” !!

2ème secret: Utilisez un trépied

Le trépied photo est quasiment indispensable car à cette heure de la journée la lumière est beaucoup plus faible, et en utilisant une optique longue même avec stabilisation, le risque de bougé à la prise de vue (tremblement du photographe démultiplié par la longueur focale) est très important.
Je vous conseille de faire votre cadrage avant que le soleil soit sur l’horizon car il descend très vite à ce moment-là, puis d’attendre le moment voulu pour déclencher.

3ème secret: Choisissez les bons réglages sur votre appareil

La sensibilité ISO

Au niveau de la sensibilité ISO, à moins que vous vouliez faire un effet spécial pour avoir beaucoup de grain, il vaut mieux utiliser la sensibilité la plus basse, soit 100 iso ou moins selon votre boîtier, afin d’utiliser la meilleure qualité et la meilleure dynamique de votre boîtier.

En effet, même si les meilleurs boîtiers actuels ont une très bonne “montée en ISO”, ce qui signifie qu’à sensibilité élevée, le grain ou bruit numérique reste relativement discret, la dynamique de l’image diminue proportionnellement à l’augmentation de la sensibilité ISO.

La qualité globale d’une image n’est pas due uniquement à la résolution (nombre de pixels) mais également au contraste de l’image (dû à la dynamique du capteur) et au micro-contraste (différences de luminosité entre des zones de transition proches, par exemple un vert clair de feuillages et un vert plus foncé de branches d’arbres)

La dynamique, c’est l’écart entre les plus hautes lumières (c’est-à-dire les blancs) et les basses lumières (zones d’ombres les plus noires que peut capter votre appareil photo).

En photo de paysage, particulièrement lorsqu’il y a des zones de ciel, et encore plus particulièrement lorsque le disque solaire entre dans l’image, nous avons besoin d’un maximum de dynamique pour saisir toutes les nuances, bien que les meilleurs appareils actuels soit bien en deçà de la capacité de nos yeux.

Pour illustrer de manière claire et graphique ce point, j’ai choisi trois boîtiers dont 2 réflex professionnels 24×36 (le full Frame dispose en général d’une meilleure dynamique que d’autres capteurs plus petits) et un reflex amateur de milieu de gamme.

Ces trois reflex sont de grande qualité et même si on peut noter quelques différences de performance entre eux, tous perdent entre 7 et 8 IL (indices de lumination ou “stops” ou encore écart de diaphragme) entre leur sensibilité ISO de base (100 ISO) dite native, c’est à dire sans amplification électronique du capteur, et leur sensibilité ISO la plus élevée.

Comparaison dynamique 5D Mark IV D5500 D810

Comparaison de la dynamique en fonction de la montée en ISO

 

Un dernier conseil concernant la sensibilité: pensez à sortir du mode ISO automatique si c’était le dernier réglage que vous avez utilisé et si votre appareil en dispose, bien sûr !

Le choix de l’ouverture de diaphragme

Pour l’ouverture, étant donné que le sujet principal va être à l’infini, l’idéal est de régler à une ouverture qui donne la meilleure résolution de votre objectif (sa capacité à envoyer sur un capteur des détails fins de façon nette). Cette ouverture est différente pour chaque objectif mais en général, elle se situe entre f5,6 et f11

En réglant sur f8 on n’est pas loin de la vérité car la meilleure résolution possible se verra en cas d’agrandissement, et même en visionnant sur un bon écran bien défini type Retina ou 4k.

En utilisant l’ouverture optimale, non seulement vous utilisez votre objectif à sa résolution maximale, mais vous limitez également les défauts de tous les objectifs, à savoir pour les principaux, les distorsions, (pour garder le globe solaire bien rond et éviter de le déformer) et le vignettage (angles plus sombres et plus flous)

Test de vignettage et distorsion

Test de vignette et de distorsion sur un objectif

 

L’ouverture idéale joue également sur le meilleur contraste possible dans l’image à la prise de vue.
On peut penser qu’en utilisant la plus petite ouverture on aura la netteté d’image et la meilleure qualité globale, mais ce n’est pas vrai du tout, au contraire. On aura la meilleure profondeur de champ, c’est tout.

En effet, lorsque le diaphragme est très fermé (f22 ou f32 selon les objectifs) apparaît un phénomène appelé diffraction: comme la lumière entre par un très petit trou, certains rayons vont arriver sur le capteur de manière directe et d’autres de manière indirecte ou détournée, provoquant une image moins nette et moins contrastée.

Le mode de prise de vue

Comme je le disais précédemment, étant donné qu’on va avoir moins de lumière ambiante et choisir une sensibilité basse pour une meilleure qualité, la vitesse d’obturation calculée par le boîtier sera relativement lente.

Vous pouvez choisir un mode de prise de vue manuel mais je vous conseille la priorité à l’ouverture pour plus de simplicité et limiter le risque d’erreur d’exposition.

Avec une ouverture fixée à f8 par exemple, votre vitesse d’obturation sera sans doute relativement lente (peut-être de un trentième de seconde ou moins)

Vérifiez que votre appareil ne choisisse pas à une vitesse d’obturation de plusieurs secondes car le disque solaire descend rapidement et pourrait être flou.
Si c’est le cas, essayez de conserver une vitesse supérieure à un quart de seconde.

Pour cela, augmentez la sensibilité jusqu’à 400 ISO par exemple. Sur les boîtiers les plus récents, jusqu’à 1600 ISO, le grain reste relativement discret.

4ème secret: Utilisez quelques accessoires “magiques”

Vous pouvez utiliser des accessoires comme des filtres à la prise de vue, bien qu’il y ait beaucoup de possibilités en post-traitement sur des programmes comme Lightroom, Photoshop ou Gimp.

Certains filtres cependant sont irremplaçables, notamment le filtre polarisant pour atténuer les reflets, le filtre gradué si l’on a beaucoup de contraste entre le ciel et la terre (ou la mer), car il sera très difficile même en shootant en RAW de le corriger si la dynamique du boîtier est insuffisante (de plus cette dynamique diminue avec la montée en ISO comme on l’a vu précédemment)

Le filtre gris neutre, qui existe en plusieurs densités, est également courant en prise de vues de paysages.
En limitant la lumière qui rentre dans l’objectif, et ceci est particulièrement important lorsque le soleil est très lumineux, il vous permet d’utiliser une ouverture courante voire la pleine ouverture, et non la plus petite (pour éviter la diffraction), tout en vous permettant de diminuer la vitesse d’obturation pour obtenir des effets de flou artistique comme le mouvement des vagues en mer ou de feuilles sur les arbres, ou des arrières plans flous par faible profondeur de champ.

Mais attention, pour un coucher de soleil, vous risquez d’avoir un soleil flou (de par sa course)

Vous devez également utiliser le déclenchement à distance pour limiter les vibrations inévitables lorsque vous déclenchez.

Plusieurs solutions s’offrent à vous: soit le déclencheur souple (déclenchement mécanique) pour les anciens boîtiers numériques ou argentiques, soit la télécommande infrarouge ou encore par câble USB ou broché selon votre système.

Si vous ne disposez pas de ces accessoires, vous pouvez régler le retardateur sur 2 secondes, mais mieux sur 5 ou 10 secondes de façon à ce que l’ensemble trépied-boîtier ait suffisamment de temps pour stabiliser les vibrations dues à l’appui de votre doigt sur le déclencheur.

Pour diminuer encore plus le risque de bougé à la prise de vue, vous pouvez également déclencher en deux temps avec le miroir relevé, si votre appareil dispose de cette option.

Un autre élément à prendre en compte est la surexposition ou la sous-exposition éventuelle à appliquer, car en mesure matricielle (calculée par le microprocesseur du boîtier), le fait d’avoir un point relativement lumineux au centre peut perturber la cellule de mesure de lumière qui risque de sous exposer.

Le mode de mesure à prédominance centrale, c’est-à-dire sur le cercle central du viseur, est à déconseiller, celui-ci étant plutôt réservé aux portraits ou aux photos de personnes où le sujet principal se trouve au centre mais dont la luminosité est neutre (couleur chair équivalent à un gris neutre)

La mesure spot peut-être utilisée mais il faut mémoriser l’exposition et surtout ne pas mesurer sur le soleil, à moins de vouloir un effet d’ombres chinoises !
De toutes façons, en numérique, vous pouvez faire des essais et tout de suite vérifier le résultat.

5ème secret: Utilisez la technique photo HDR en cas de contrastes violents

Si vous avez un écart de luminosité entre les ombres (basses lumières ou noirs) et les zones les plus éclairées (hautes lumières ou blancs) supérieur à la dynamique de votre capteur, vous pouvez faire plusieurs photos (de 2 à 7) à différentes expositions (de -2 à + 2 par exemple).

C’est ce qu’on appelle de la photographie HDR (pour High Dynamic Range en anglais) mais ce sera l’objet d’un autre article car c’est une technique particulière qui demande à faire un montage des différentes photos prises à différentes expositions et il faut obligatoirement disposer d’un logiciel adapté (qui permet de coller plusieurs photos en sandwich et d’uniformiser le tout en une seule image finale)

Huningue en Alsace - Photographie HDR

Huningue (Alsace) – Photo HDR en 3 expositions

 

Il y a enfin la notion de l’échelle, car sur une image en deux dimensions, nous avons plus de mal à percevoir la grandeur des objets, et en photo de paysages, l’immensité reproduite en petit format ne peut pas être appréciée à sa juste valeur comme lorsqu’on est réellement devant le sujet.

Par exemple, si le soleil se trouve derrière un bateau sur la mer, ça aide le spectateur à évaluer les distances et le rapport de grandeur entre les différents éléments dont le soleil.

Voilà, vous savez tout au niveau des réglages et de la technique.

Maintenant à vous de jouer !

Bien sûr, votre propre perception, vos choix du cadrage et de la composition en général avec le point de vue, la hauteur et les éléments que vous voulez mettre en avant sont aussi importants que les réglages de votre appareil, sinon plus.

Pour avoir l’image de vos rêves, vous devez également repérer les lieux auparavant, choisir votre point de vue bien avant le coucher du soleil (que ce soit à pied, en voiture ou en vélo)
C’est une étape préalable mais souvent nécessaire et qui fait partie de la prise de vue car elle participe au résultat final.

Bien souvent, un sujet a été vu 1000 ou 10000 fois, mais simplement par notre point de vue, une autre vision du photographe, le résultat est différent, plus original.
C’est valable pour tous les sujets et particulièrement en photo de paysages, notamment pour les lieux touristiques très connus.

Vous pouvez faire de belles photos de coucher de soleil juste avant que le soleil disparaisse de l’horizon,  mais après, vous pouvez également faire de beaux clichés,  lorsque la lumière change rapidement en diverses nuances  de  jaune, orange puis violet. La nature nous réserve toujours des surprises. Il faut être attentif et vous tenir prêts …

coucher-de-soleil-2

J’espère que cet article vous a plu et surtout qu’il vous permettra d’être fiers de vos prochaines photos de coucher de soleil.

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Photographiquement vôtre !!
Michel

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Portrait Michel Caumes

Je m’appelle Michel Caumes et suis photographe professionnel depuis plus de 25 ans, à Mulhouse en Alsace.

A travers ce blog, je souhaite vraiment vous transmettre toute mon expérience, mes trucs et astuces de photographe qui vous feront gagner de précieuses années de tâtonnement et d’auto-formation, ce qui a été mon parcours, n’ayant pas eu l’opportunité de suivre des études photo dans une école.

Ça ne m’a pas empêché pas de réussir pour autant, mais il est certain qu’une formation guidée pas a pas fait gagner énormément de temps !

Je souhaite vous aider au maximum à accélérer votre formation, par des articles, des vidéos, des podcasts.

Mais c’est vous qui devez pratiquer pour trouver votre propre style et être fier de vos photos !!