Moins de bokeh = moins bonne photo ?

ParMichel Caumes

Moins de bokeh = moins bonne photo ?

ERRATUM: à 5’15” je dit “avec le FULL FRAME, on va reculer pour avoir la même image” mais c’est avec l’APSC qu’on doit reculer (de 1,5 fois la distance car chez Nikon le coefficient multiplicateur est de 1,5)

Les photographes, professionnels et amateurs confondus, parlent très souvent de bokeh ou du flou d’arrière-plan artistique. 

On le voit sur les forums, les groupes Facebook ou ailleurs sur Internet, où ce fil de discussion revient très souvent.

Il suffit de faire une recherche sur Internet pour s’en rendre compte (à ce jour plus de 68 millions de pages parlant de ce sujet sur la requête Google “Bokeh” )

La recherche du meilleur et plus grand bokeh semble être comme une obsession.

Certains disent que plus le bokeh est visible, plus la photo est “pro” et c’est une bonne photo.

De là à dire qu’une photo sans bokeh est une mauvaise photo ou une photo ratée, il n’y a qu’un pas, que certains franchissent allègrement.

Très souvent ce ne sont pas des artistes photographes reconnus, car les grands photographes utilises simplement des outils pour créer les images qu’ils ont en tête.

Certaines fois ils peuvent utiliser un hybride APSC car leur priorité est de rester le plus discret possible.

Pour d’autres projets ils utilisent une chambre photo grand format argentique, car c’est l’outil adapté à un projet en particulier. (je pense au photographe et photo-journaliste français Eric Bouvet en écrivant ces lignes)

Chaque appareil, ou plutôt chaque système photographique, a ses avantages et ses inconvénients. Il s’agit toujours d’un compromis, chaque avantage amenant au moins un inconvénient.

L’idéal serait d’utiliser un type d’appareil pour chaque style de photo (un très grand format 8x10cm de capteur ou pellicule pour le paysage, un moyen format 6×6, 6×7 ou 6×9 pour du portrait ou des exposition avec tirage grand format, du 24×36 pour de l’événement nocturne ou en faible luminosité, de l’APSC hybride en mode silencieux total pour de la photo de rue et situations qui demandent d’être discrets, et un hybride ou compact micro 4/3 pour les vacances ou les voyages pour un faible encombrement mais une meilleure qualité (à ce jour) que notre smartphone. 

Mais pour des raisons de budget, c’est très souvent irréaliste, car plusieurs boitiers et plusieurs collections d’objectifs haut de gamme dans plusieurs formats et montures peuvent couter une petite fortune.

C’est également irréaliste à cause du manque de praticité. Si vous partez en voyage sans savoir les sujets que vous allez rencontrer il vous faudrait amener une immense malle avec vous !

Alors le plus souvent, on choisit un système avec un seul boitier voire 2 (j’en ai 6 mais mais je suis photographe pro “généraliste” 🙂 et on traite toute sortes de sujet avec.

Qu’on shoote en full frame ou en APSC pour prendre les 2 cas de figure les plus courants, on fait dans tous les cas des compromis.

Dans le cas du Full Frame on accepte un poids et encombrement supérieur (presque le double) pour avoir un flou d’arrière plan plus visible et une meilleure montée en ISO (un petit peu meilleure), entre autre

Dans le cas de l’APSC, on accepte de perdre un stop en flou d’arrière plan et en ISO avant de voir nos images devenir bruitées, mais on gagne en mobilité, on rate moins d’opportunités de photographier et on est plus discret en voyage si on utilise un petit hybride

Pour moi, ce débat est stérile car si on parle de plein format en pensant au full frame, et qu’on pense que l’APSC et les formats plus petits sont juste des “crop” ou portions réduites d’un capteur FF, il faut savoir qu’au temps de l’argentique, lorsque le format 24×36 est né (dans les années 1900 et quelques) il était appelé “petit format” par rapport au moyen format 6×6 à 6×9 et au grand format de 10cm et bien plus, qui était la référence à la naissance de la photographie.

Donc pour moi, il n’y a pas un “vrai format” dont tout les autres seraient des portions découpées issus de ce dernier.

Il y a simplement plusieurs formats, chacun ayant des spécificités et des avantages et inconvénients

Bien sur, on peut penser que “qui peut le plus peut le moins”, et qu’un format plus grand peut donner beaucoup de profondeur de champ et donc très peu de bokeh en fermant au maximum le diaphragme, mais c’est comme si on achetait une voiture de course pour aller aussi bien sur un circuit qu’en ballade sur des chemins défoncés, ou encore pour amener les enfants à l’école à 500 mètres !

Le compromis serait une voiture de taille et puissance moyenne, légèrement surélevée pour le tout terrain, mais elle serait moins performante sur un circuit, et plus difficile à garer qu’une petite voiture conçue uniquement pour la ville.

Finalement, l’outil qu’on utilise dépend de la finalité qu’on envisage avec !
C’est pour ça qu’il existe toute sortes d’outils, et pas seulement en photo !

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À propos de l’auteur

Michel Caumes administrator

Photographe professionnel passionné par la photographie. La photo est ma profession et mon loisir à la fois :-)

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